29 juillet 2020

Faire confiance aux jeunes pour réussir la transition écologique de la filière bois !

Arnaud Godevin, Directeur de l’ESB, fait part de son vécu de la crise, mais aussi de sa vision de la mutation de société qu’elle a générée et de son impact sur la filière bois. Enfin, il exhorte les entreprises à anticiper sur l’avenir en embauchant des jeunes diplômés et des alternants dès aujourd’hui. Car ce sont bien eux qui permettront aux entreprises de la filière de réussir leur transformation écologique. 

Comment l’Ecole Supérieure du Bois a-t-elle vécu la période de confinement puis la reprise ? 

A_godevin_1.jpgNous avons renvoyé les étudiants chez eux le vendredi 13 mars. Dès le lundi 16, les premiers cours en ligne ont commencé. Pendant 3 mois, les étudiants sont ainsi restés connectés. Nous avons réussi à maintenir le programme. Si les travaux pratiques ont été supprimés, nous avons fait travailler les étudiants sur des études de cas, avec des rendez-vous en ligne réguliers avec les enseignants. Nous avions fait le pari qu’après le déconfinement que les entreprises auraient besoin de main d’œuvre et ça a été le cas. Les stages ont été maintenus et dès le 11 mai, les entreprises ont à nouveau recommencé à accueillir des stagiaires. A ce jour, ce sont 99 % des étudiants qui sont en stage. Pendant le confinement, l’ESB a mis en place différentes mesures pour les accompagner. Nous avons été à l’écoute pour trouver des solutions à leurs problèmes, notamment en termes informatiques avec la mise à disposition de clés 4G ou d’ordinateurs. Soucieux de leur bien-être, nous avons aussi mis en place un collectif de coach, sophrologue et psychologues. 

Où en êtes-vous de la préparation de la rentrée 2020 ?

Nous préparons la rentrée avec de nombreuses incertitudes. Le mois d’aout sera déterminant. Plusieurs hypothèses sont envisagées, notamment celle de re-confinements localisés, par secteurs géographiques et/ou par secteurs d’activité. Nous devons apprendre de ce qu’il s’est passé. Le pire serait de ne rien faire et de subir à nouveau. Il faut tirer les enseignements de cette crise et exploiter les nouveaux outils, les nouvelles façons de travailler qui ont émergé, le télétravail, la formation à distance. Même si nos étudiants n’ont pas totalement apprécié le distanciel, car ils souffraient d’un manque de liens, il présente des intérêts sur de nombreux aspects dont celui de la réduction des déplacements. Il sera donc conservé partiellement dans nos outils pédagogiques.

Quelle est votre vision de la reprise de la filière bois ?

Après l’arrêt d’activité de toute la filière, violent et inattendu, certaines entreprises ont relancé la machine rapidement pour éviter l’effondrement. Il ne fallait pas arrêter l’activité mais honorer les contrats signés avant le confinement, remettre les salariés au travail dont certains souffraient du confinement… Depuis le 11 mai, nous entendons que les entreprises ont toutes de l’activité et des perspectives encourageantes. 
Le bois bénéficie d’une côte soutenue auprès des consommateurs. Espérons que cela continue.
Petit bémol dans un contexte où les préoccupations environnementales se font de plus en plus fortes : la question de l’acceptabilité sociétale du bois ou plus exactement celle du prélèvement dans la forêt. Comment utiliser du bois sans toucher aux forêts ? La question n’est pas anodine quand on trouve une atteinte à l’environnement dans les racines de la pandémie. 

D’après vous, quels sont les leviers que les entreprises pourraient utiliser pour activer la relance ?

Qu’on le veuille ou non, la relance viendra des marchés. Pas de commande, pas de production. Pas de production, pas d’emplois. 
Sans rentrer dans un débat philosophico-politique, il convient de se poser la question de la nature de la relance. Si elle n’est qu’économique, les mêmes causes produiront les mêmes effets. Or il est urgent de reconsidérer nos modèles. Si la relance est verte (et profondément verte), alors la filière sera en première ligne.
Le bois est une ressource locale. Sa transformation doit l’être aussi. Il faut donc qu’on fasse le maximum pour la relocalisation de la production, et pas uniquement dans le secteur du bois, bien entendu. 

Commencez-vous à ressentir les effets des mesures prises par le gouvernement en faveur de la formation et de l’alternance ?

Le Gouvernement a décidé d’aider l’apprentissage jusqu’au niveau bac+3. Les entreprises peuvent percevoir une aide entre 5 et 8 000 €. Si nous observons un effet significatif sur les recrutements de BTS, la situation des ingénieurs est plus compliquée. Pas d’aide, une formation longue… Il aurait été préférable d’aider l’ensemble des formations. Le Gouvernement n’a manifestement pas perçu que l’apprentissage dans le supérieur aide à faire comprendre aux familles qu’il n’est plus uniquement destiné à une seule catégorie de formation. 

Quels arguments pour encourager les entreprises à recruter des alternants ?

Nous avons entendu des dirigeants nous dire qu’ils regrettaient il y a trois ou quatre ans ne pas avoir embauché et/ou formé leurs collaborateurs, afin d’être prêts au moment de la relance. 
Même si les entreprises de la construction vont avoir un « trou d’air » dans quelques mois du fait du manque de permis de construire accordés pendant le confinement, c’est le bon moment pour se préparer à la reprise qui ne manquera pas d’arriver. Recruter des jeunes diplômés techniciens ou ingénieurs mais aussi apprentis. Quand on sait qu’il faut trois ans pour former un ingénieur, c’est maintenant qu’il faut recruter des apprentis ingénieurs. 
En effet, nous devons prendre des décisions fortes en termes de réduction d’impacts sur l’environnement. Le bois est le seul matériau naturellement renouvelable pouvant se substituer au pétrole. Chimie verte, construction, etc. mais aussi espace récréatif, stockage de carbone, il a tout pour lui. Les jeunes ont une appétence pour les questions environnementales. Nos ingénieurs sont formés à l’économie circulaire. Ils sont capables d’initier des processus conduisant à des services et des produits innovants et ainsi créer de nouveaux marchés. Il convient de leur faire confiance pour renforcer les compétences déjà présentes dans l’entreprise. Ils sauront aider les entreprises à réussir leur transition.
 

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