28 mars 2022

L’ESB fertilise l’industrie du bois et de la construction

Avec la création de nouveaux parcours de formation, construits avec les professionnels du bois, l’Ecole Supérieure du Bois accompagne les besoins de la filière, de l’amont à l’aval. Pascal Vinot, Directeur des études nous présente toutes les nouveautés de l’école.

Face à la montée en puissance de l’usage du bois, notamment dans la construction, vous avez fait évoluer le contenu de formation du bachelor que vous proposez. De quelle manière et pourquoi ?

En effet, ce bachelor « Sciences et technologies bois et matériaux biosourcés » propose désormais  deux parcours distincts : l’un axé sur le bois et la transition numérique donc très orienté sur la production, l’autre, qui s’ouvre cette année vise à former des chefs de chantier bois et bas carbone. Ces deux spécialisations répondent à des besoins forts des entreprises et des acteurs de la transformation et de la construction bois. 
Le développement du numérique, le besoin croissant de fabriquer du sur-mesure ou en série et donc la maitrise des process de transformation industriels, nécessitent des cadres intermédiaires qui sachent piloter une production, connaissent les machines, gèrent des équipes. Pour ce faire, l’ESB a investi sur une ligne de production 4.0, en partenariat avec Biesse, d’un montant de plus de 1 M€, ce qui permet à nos étudiants de se former sur ces équipements et d’aborder les questions d’optimisation de la production (suivi, gestion, organisation), de maintenance prédictive….

Concernant le parcours « chef de chantier bas carbone et structure bois  », l’enjeu est de répondre à l’évolution des matériaux utilisés dans la construction et plus particulièrement aux interfaces à gérer entre les différents corps de métiers. Les entreprises sont confrontées, avec la RE 2020, à des changements majeurs et doivent intégrer des matériaux multiples  : (bois, acier, béton, bio-sourcés,… mais aussi gérer les modalités de recyclage dans les cas de démolition-reconstruction ; ces savoir-faire sont nouveaux et très demandés.

Vous avez également en projet la création de plusieurs Mastères® spécialisées. Pouvez-vous nous en dire plus ?

Nous allons effectivement ouvrir trois nouveaux programmes  « Mastères Spécialisés » en 2022. Ces formations de haut niveau s’adressent à des ingénieurs en fin d’études ou à des professionnels qui souhaitent renforcer leurs compétences sur des sujets très pointus, qui représentent des enjeux forts pour les industriels.

Le premier porte sur la conduite de projets bas carbone de construction, avec pour objectif d’intégrer la dimension multi-matériaux dès la conception et, de fait, contribuer à optimiser les performances environnementales et économiques d’un projet. Imaginer un chantier multi-matériaux, c’est construire un système, avec de nombreux entrants, des interfaces, des attentes de personnalisation des produits. C’est très différent d’un chantier tout béton, par exemple. Et aujourd’hui, il n’y a pas de formation de haut niveau pour répondre à ce besoin.

Le deuxième que nous développons en partenariat avec Bordeaux Sciences Agro porte sur la « Médiation territoriale, RSE - Filières forêt-bois ». Le développement de l’usage du bois, mais aussi le réchauffement climatique questionnent l’acceptabilité de l’exploitation de la forêt. Faire preuve de pédagogie entre les usagers de la forêt, associations, randonneurs, sylviculteurs, en s’appuyant sur des données scientifiques et fiables, est fondamental pour sortir des opinions ou des positions souvent très tranchées que peuvent porter certains. Le but de ce programme est de former des « médiateurs de la forêt », des personnes capables de parler et de faire parler de la forêt à toutes les parties prenantes..


Le troisième, enfin, vise à former des chargés de projets d’aménagement et d’agencement, qui soient en capacité de gérer des cahiers de charges de plus en plus complexes, d’intégrer les normes de qualité, de piloter la relation client, avec une forte dimension internationale. Cette demande est exprimée par les entreprises françaises, très prisées à l’international pour, par exemple, prendre en charge l’aménagement d’hôtels à Dubaï, Monaco ou Paris. Ces entreprises ont besoin de compétences qui concilient connaissances techniques et savoir-être.

Vous êtes également directeur du CFA de l’école. Comment s’inscrit l’apprentissage dans les formations de l’ESB ?

C’est un axe très fort dans nos formations que nous développons pour différents cursus. Depuis 2013, nous proposons une formation d'ingénieur en alternance en sciences et technologies du matériau bois. Nous avons également un BTS en alternance qui porte sur les systèmes constructifs bois habitat, dont nous allons faire monter l’effectif à 40 élèves d’ici 2 ans pour répondre au besoin important des entreprises, et notamment les charpentiers. Le bachelor également s’effectue avec une année en présentiel et deux ans en apprentissage.
Ce mix est très vertueux : pour les jeunes, l’expérience en entreprise est ultra formatrice et facilite l’insertion professionnelle, pour l’ESB c’est un bon moyen de renforcer ses échanges avec les entreprises et donc de mieux répondre à leurs besoins.
 

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